La Fashion Week Homme de Paris s’ouvrait ce mardi 20 janvier 2026. L’occasion pour la maison KIDILL de présenter sa collection automne-hiver 2026/2027. Non loin de la Tour Eiffel, Hiroaki Sueyasu, fondateur et directeur artistique, a livré sa vision d’un chaos structuré où les esthétiques cohabitent grâce à la poésie.
L’esprit punk serait-il déjà de retour ? À en croire la collection automne-hiver 2026/2027 de KIDILL, il semblerait que oui. Ce mardi 20 janvier, Hiroaki Sueyasu a de nouveau surpris les invités avec des silhouettes intenses qui ne lésinent pas sur le layering. À la tête de la maison depuis 2014, le créateur ne cesse d’affirmer sa vision d’une mode singulière, empruntant certains codes japonais qu’il réinterprète avec sensibilité. Il en résulte un chaos structuré qui marie les esthétiques avec une approche résolument contemporaine. C’est rude, mais réfléchi. C’est fragile, mais affirmé.
Entre contraste et confrontation
À première vue, ce qui frappe le plus dans les silhouettes, c’est ce dialogue constant entre matières et volumes. On retrouve des références militaires — blousons, coupes utilitaires — enrichies de touches plus délicates. Parfois, il s’agit de tulle ou de matières plus fragiles qui viennent troubler la rigidité initiale. Cette ambiguïté assumée évolue au fil de la collection. Certaines pièces semblent empruntées au vestiaire sportswear, mais se mêlent à des codes plus romantiques et à des touches colorées. Rien de tranché cependant : le mariage est maîtrisé. Le directeur artistique ne cherche pas l’harmonie lisse, mais plutôt la coexistence de deux éléments opposés capables de se compléter.
La réinterprétation des codes
Côté palette chromatique, on est loin des couleurs flashy aperçues lors de la précédente collection ou proposées par d’autres maisons cette saison. Hiroaki Sueyasu privilégie des tons fumés : kaki, gris, noir dominent. Quelques motifs et des touches de rouge apparaissent, mais sans jamais rompre l’équilibre. La tension ne passe pas par la couleur, mais par les matières et les superpositions. C’est sans doute ce qui rend l’ensemble si cohérent. Le créateur tente d’insuffler de la poésie dans le chaos qu’il met en scène, et cela transparaît dans plusieurs silhouettes. Il ne se revendique pas ouvertement punk : il en prélève certains codes pour mieux les transformer. Il les réinterprète avec la poésie et la sensibilité artistique qu’on lui connaît. Finalement, KIDILL résiste à l’évidence et refuse toute lecture trop littérale. La marque s’impose une fois encore comme un espace de tension maîtrisée, où le désordre devient langage esthétique.



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