
La Fashion Week Haute Couture de janvier 2026, qui s’est tenue du 26 au 29 janvier à Paris, a une nouvelle fois démontré que la couture est bien plus qu’un simple exercice de style. Entre premières très attendues, défilés-manifestes et débats autour de l’intelligence artificielle, retour sur une semaine qui a fait vibrer la sphère mode.
Chanel Haute Couture : la première de Matthieu Blazy
Tout d’abord, commençons par les petits nouveaux de cette Fashion Week Haute Couture. Pour la première fois, Matthieu Blazy présentait la collection haute couture de la maison Chanel. Pour l’occasion, les invités étaient plongés dans un univers féerique et onirique. Champignons et oiseaux étaient au programme, et pas seulement dans le décor du show.
Pour cette grande première, Matthieu Blazy a manifestement réussi à convaincre le public avec une collection mêlant des détails naturels à des silhouettes féminines, parfois en tailleurs. Bref, on adore cette hétérogénéité maîtrisée.
Évidemment, comme pour chaque défilé couture, tous les regards étaient tournés vers la mariée, incarnée par Bhavitha Mandava, déjà aperçue dans les couloirs du métro new-yorkais lors de la présentation de la collection Cruise de la maison. Cette silhouette n’est pas passée inaperçue puisqu’il ne s’agissait pas d’une robe, mais d’un tailleur. Le designer a ainsi décidé de réinventer les codes de la maison à sa manière en proposant un tailleur blanc composé d’une jupe crayon, orné de sequins représentant des oiseaux.
Jonathan Anderson : une entrée remarquée dans la couture
De son côté, Jonathan Anderson présentait sa toute première collection haute couture, après le succès de ses collections prêt-à-porter homme et femme. Sous le regard attentif de son prédécesseur John Galliano, le directeur artistique a fait forte impression avec une collection inspirée de l’œuvre de Magdalene Odundo, avec qui il collabore également pour une collection exceptionnelle de Lady Dior.
Le créateur a opté pour des silhouettes structurées, tout en conservant une certaine transparence et beaucoup de légèreté, sans oublier une palette de couleurs affirmée.
Viktor & Rolf : la couture comme manifeste artistique
La maison Viktor & Rolf a elle aussi beaucoup fait parler. En effet, les deux créateurs ont décidé de transformer leur défilé en véritable manifeste artistique. Intitulé Diamond Kite, ce show n’avait pas vocation à être simplement regardé.
Trente-deux looks ont été dévoilés, tous sobres et de couleur sombre, à un détail près : une seule partie était colorée. Les créateurs ont choisi de retirer cette pièce colorée à chaque mannequin pour l’ajouter, en temps réel, à une silhouette blanche et vierge suspendue au bout du podium. Lors du passage du dernier look, les designers ont ainsi révélé une œuvre complète, point culminant du défilé, portée dans les airs et évoquant la forme d’un cerf-volant.
Alessandro Michele et le regard du spectateur
Alessandro Michele a lui aussi décidé de transformer son défilé haute couture en véritable spectacle. Pour l’occasion, les invités observaient chaque silhouette à travers une toute petite fenêtre.
Les mannequins, présentant une collection inspirée de l’âge d’or hollywoodien, défilaient devant les yeux des invités, collés à leur fenêtre. Une sorte de réinvention du peep-show, qui interroge peut-être l’impact du regard du spectateur sur les collections des créateurs et sur la mode en général.
Alexis Mabille et l’IA : le défilé qui divise
Évidemment, impossible de ne pas aborder les sujets qui fâchent. L’un des défilés les plus commentés de cette Fashion Week Haute Couture est celui d’Alexis Mabille. Quelques minutes avant le début du show, les photographes présents ont été invités à sortir, une première.
Les invités ont alors assisté à l’arrivée des mannequins sur écran. Aucun mannequin réel n’était physiquement présent, tout comme les robes. La raison ? La collection n’existe pas encore matériellement et a été entièrement conçue grâce à l’intelligence artificielle.
Selon le créateur, cette méthode permettra aux clientes de visualiser les pièces sur un mannequin IA aux mensurations identiques aux leurs, offrant ainsi une meilleure projection lors de l’achat. Alexis Mabille précise toutefois avoir travaillé pendant de longs mois sur cette collection, en collaboration étroite avec les équipes de Gloria, en charge de la conceptualisation, et avec ses petites mains. Certaines silhouettes auraient nécessité plus de 300 essais.
« L’idée était de prendre l’IA à contre-courant, pour montrer que l’humain demeure nécessaire derrière. Sans nos idées, sans les mains des techniciens, il ne se passe finalement pas grand-chose, si ce n’est des choses dégénératives », explique-t-il.
Cependant, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode ne semble pas partager cette vision. Comme vous le savez, figurer au calendrier officiel de la haute couture implique de nombreux critères, dont la présentation de véritables silhouettes physiques.
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