Avec sa collection automne-hiver 2026-2027, Shiatzy Chen transforme la mode en récit culturel. Entre références à la dynastie Tang, symbolique du jade et silhouettes en mouvement, la maison propose une vision du luxe où tradition et modernité coexistent sans jamais s’opposer.
Alors que la Paris Fashion Week s’apprête à se clôturer ce lundi 9 mars, Shiatzy Chen dévoile sa collection automne-hiver 2026-2027. Un défilé qui confirme la singularité de la maison, portée par une mode qui dialogue constamment entre héritage culturel et modernité occidentale. Cette saison, la directrice artistique Wang Chen Tsai-Hsia pousse encore plus loin cette réflexion en s’ancrant dans une référence historique majeure : la dynastie Tang, période d’âge d’or artistique et culturel en Chine. Fidèle à son approche, la créatrice ne livre pas une reconstitution, mais une interprétation. Chaque pièce devient un fragment d’histoire réinventé, une traduction contemporaine du patrimoine. Ici, la mode agit comme un véritable outil de transmission culturelle.
Le jade, symbole central d’un vestiaire spirituel
Pour construire cette collection, Wang Chen Tsai-Hsia s’appuie sur un élément clé : le jade. Associée à la pureté, à la protection et à l’immortalité, cette pierre dépasse largement le statut d’ornement. Elle devient à la fois symbole, motif et matière intégrée au vêtement.
On la retrouve en incrustation dans les tissus, dans des fermoirs inspirés des disques bi traditionnels, mais aussi à travers les accessoires et les bijoux qui accompagnent les silhouettes. Le jade n’est jamais utilisé de manière décorative : il apporte à la collection une dimension presque spirituelle, renforçant le lien entre vêtement et héritage.
Des silhouettes en mouvement entre tradition et modernité
La collection repose sur un équilibre particulièrement maîtrisé. Si les silhouettes s’inspirent de vêtements traditionnels — comme les ruqun ou les robes taille haute héritées de la dynastie Tang — elles sont ici revisitées avec subtilité.
Allongées, simplifiées et adaptées à un vestiaire contemporain, elles gagnent en fluidité et en légèreté. Malgré ces références historiques marquées, les silhouettes restent modernes : verticales, élégantes, pensées pour accompagner le mouvement. Les vêtements semblent ainsi dérouler une véritable narration visuelle, presque comme une œuvre en mouvement.
Cette richesse se retrouve également dans le travail des matières. Broderies complexes inspirées de l’artisanat chinois, jeux de textures entre cuir, denim et laine, contrastes entre surfaces mates et brillantes : tout participe à une esthétique maîtrisée. Rien n’est ostentatoire. La richesse est bien présente, mais elle reste contenue, au service du vêtement.
La palette chromatique joue elle aussi un rôle narratif essentiel. On retrouve des teintes d’orange, de vert et d’or, évoquant l’opulence impériale, mais aussi du blanc, du rouge et des verts plus doux, qui viennent créer des contrastes inspirés d’artefacts historiques. Là encore, la couleur ne surcharge pas : elle raconte.
Cette collection automne-hiver 2026-2027 s’impose finalement comme une réappropriation culturelle parfaitement maîtrisée. Shiatzy Chen ne se contente pas de citer la culture chinoise : la maison la porte, la structure et la projette dans le présent. Chaque silhouette raconte une histoire — un symbole, une époque, une émotion — portée par une vision du luxe fondée sur le sens, l’héritage et la technique.

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