Editø Magazine

L’essence du luxe et de la culture 

Kimhēkim : la mode comme mémoire en mouvement

Pour son automne-hiver 2026-2027, KIMHEKIM célèbre dix ans de création en transformant son vestiaire en archive émotionnelle. Entre fantaisie maîtrisée, références personnelles et silhouettes sculpturales, la maison coréenne signe une collection introspective où la mode devient un langage de mémoire et d’identité.

Pour l’anniversaire de la fashion week de Paris, Kimhekim présentait sa collection automne-hiver 2026-2027, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la maison poursuit son exploration de la mode à sa manière. Dans cette nouvelle histoire narrative qu’est le défilé, le vêtement devient un espace de mémoire et de projection. Pour ses dix ans d’existence, l’heure était à l’introspection, presque à la rétrospective — mais sans jamais renoncer à son langage stylistique identifiable. Les silhouettes de Kimhekim ne cherchent pas seulement à innover : elles assemblent une mémoire esthétique, un véritable collage émotionnel. Pour cette collection, le designer puise dans ses archives, ses références personnelles et ses codes signatures, superposant le tout pour construire un récit cohérent.

Une rétrospective vivante et sculpturale

Pour cette décennie, on a l’impression que Kimhekim a voulu faire de cette collection un point de synthèse de ce qu’elle représente. On retrouve les éléments fondateurs de la maison : silhouettes structurées mais ludiques, volumes exagérés et assumés, et bien sûr un travail d’asymétrie devenu emblématique. Cette fois, les silhouettes sont réorganisées pour composer une rétrospective, comme si les mannequins devenaient des œuvres d’art dans le musée imaginaire de Kimhekim. Chaque look évoque une étape de la construction de la marque, avec une maturité stylistique impressionnante. Et qui dit rétrospective dit dimension émotionnelle : certaines silhouettes renvoient à l’enfance, d’autres à des objets symboliques ou à des figures fantasmées, issues de souvenirs réels ou imaginés. Ce registre intime est toutefois équilibré par une esthétique plus pop, portée par des volumes théâtraux, des superpositions complexes et une palette douce dominée par les pastels.

Cette collection anniversaire n’est pas anodine et ne se contente pas de revisiter les dix dernières années. Elle affirme que la mode est une archive vivante, surtout pour les designers. La maison réaffirme la cohérence de son vocabulaire, et le vêtement n’est plus seulement visuel : il devient affectif, presque autobiographique.

Posted in ,

Laisser un commentaire