• Walter Van Beirendonck Automne-Hiver 2026/2027 : jeunesse et fantaisie à la Fashion Week Homme de Paris

    Lors de la Fashion Week Homme de Paris, Walter Van Beirendonck a présenté sa collection automne-hiver 2026/2027, « Scare the Crow / Scarecrow », où l’imaginaire et la politique se rencontrent. À travers des silhouettes flamboyantes et modulables, le créateur belge explore la jeunesse contemporaine, entre vulnérabilité et affirmation de soi, et démontre que le vêtement peut être à la fois ludique, protecteur et expressif.

    Il n’y a pas de doute : Walter Van Beirendonck voit la vie en couleur, même en automne ou en hiver. Lors de la présentation de sa collection 2026/2027, le fondateur et directeur artistique de la maison a montré comment envisager l’hiver sans grise mine. Intitulé « Scare the Crow / Scarecrow », ce défilé se déploie comme une métaphore d’un vestiaire où imaginaire et politique se croisent. Walter Van Beirendonck présente ce défilé comme une réflexion sur la jeunesse et l’identité.

    Une dualité fascinante

    L’art du layering est une nouvelle fois mis à l’honneur lors de ce défilé haut en couleur. Walter Van Beirendonck souhaitait absolument que formes ludiques et références rugueuses cohabitent. Dans cette collection, on retrouve des pièces évoquant des armures, comme les blousons ou certaines structures enveloppantes. Ces éléments se mêlent harmonieusement à des motifs militaires et à des références au vestiaire enfantin, visibles dans les sacs, les imprimés ou encore les fleurs en 3D. Chaque silhouette reste transformable et modulable, jouant avec les codes : certains éléments apportent une légère agressivité, tandis que d’autres insufflent de la tendresse. La palette, bien que parfois froide — un rappel de l’hiver — ne limite pas l’expressivité de la collection. Walter Van Beirendonck veut un vestiaire flamboyant et coloré, où accessoires, motifs et détails ponctuels introduisent des couleurs saturées. C’est cette dualité entre rigueur et fantaisie qui permet au directeur artistique de pousser sa réflexion et de donner toute sa profondeur à la collection.

    L’épouvantail, symbole de la jeunesse contemporaine

    Cette réflexion que Walter Van Beirendonck développe prend corps à travers l’image de l’épouvantail (scarecrow). Cette figure, incarnée par les silhouettes, représente une créature imparfaite, assemblée à partir de multiples fragments, tentant de s’intégrer dans la société humaine. Pour le créateur, elle symbolise le défi de la jeunesse contemporaine : vulnérable, mais revendiquant sa place, se construisant une armure tout en affirmant son identité. En somme, ce nouveau vestiaire explore comment un vêtement aussi expressif que ludique peut protéger, révéler, confronter et questionner, tout en restant profondément poétique.

  • KIDILL Automne-Hiver 2026/2027 : Retour de l’esprit punk à la Fashion Week Homme de Paris 

    La Fashion Week Homme de Paris s’ouvrait ce mardi 20 janvier 2026. L’occasion pour la maison KIDILL de présenter sa collection automne-hiver 2026/2027. Non loin de la Tour Eiffel, Hiroaki Sueyasu, fondateur et directeur artistique, a livré sa vision d’un chaos structuré où les esthétiques cohabitent grâce à la poésie.

    L’esprit punk serait-il déjà de retour ? À en croire la collection automne-hiver 2026/2027 de KIDILL, il semblerait que oui. Ce mardi 20 janvier, Hiroaki Sueyasu a de nouveau surpris les invités avec des silhouettes intenses qui ne lésinent pas sur le layering. À la tête de la maison depuis 2014, le créateur ne cesse d’affirmer sa vision d’une mode singulière, empruntant certains codes japonais qu’il réinterprète avec sensibilité. Il en résulte un chaos structuré qui marie les esthétiques avec une approche résolument contemporaine. C’est rude, mais réfléchi. C’est fragile, mais affirmé.

    Entre contraste et confrontation

    À première vue, ce qui frappe le plus dans les silhouettes, c’est ce dialogue constant entre matières et volumes. On retrouve des références militaires — blousons, coupes utilitaires — enrichies de touches plus délicates. Parfois, il s’agit de tulle ou de matières plus fragiles qui viennent troubler la rigidité initiale. Cette ambiguïté assumée évolue au fil de la collection. Certaines pièces semblent empruntées au vestiaire sportswear, mais se mêlent à des codes plus romantiques et à des touches colorées. Rien de tranché cependant : le mariage est maîtrisé. Le directeur artistique ne cherche pas l’harmonie lisse, mais plutôt la coexistence de deux éléments opposés capables de se compléter.

    La réinterprétation des codes

    Côté palette chromatique, on est loin des couleurs flashy aperçues lors de la précédente collection ou proposées par d’autres maisons cette saison. Hiroaki Sueyasu privilégie des tons fumés : kaki, gris, noir dominent. Quelques motifs et des touches de rouge apparaissent, mais sans jamais rompre l’équilibre. La tension ne passe pas par la couleur, mais par les matières et les superpositions. C’est sans doute ce qui rend l’ensemble si cohérent. Le créateur tente d’insuffler de la poésie dans le chaos qu’il met en scène, et cela transparaît dans plusieurs silhouettes. Il ne se revendique pas ouvertement punk : il en prélève certains codes pour mieux les transformer. Il les réinterprète avec la poésie et la sensibilité artistique qu’on lui connaît. Finalement, KIDILL résiste à l’évidence et refuse toute lecture trop littérale. La marque s’impose une fois encore comme un espace de tension maîtrisée, où le désordre devient langage esthétique.

  • À l’Institut du Monde Arabe, Valette Studio a choisi un décor presque brut pour dévoiler sa collection automne-hiver 2026-2027 pendant la Paris Fashion Week Men de janvier 2026. Les Nouveaux Romantiques : un titre qui évoque immédiatement les années 80, leurs silhouettes affûtées, leurs maquillages assumés, leur goût du drame. Mais chez Pierre-François Valette, il ne s’agit pas de rejouer le passé. Il s’agit plutôt de dialoguer avec lui, avec une forme de nostalgie très contemporaine.

    Dans le sous-sol du bâtiment, les colonnes massives de pierre encadrent l’espace. La lumière est basse, presque feutrée. On ressent quelque chose d’intime, de dense. Le contraste est fort entre ce cadre minéral et l’idée même de romantisme. Et c’est précisément dans cette tension que la collection prend sens. On comprend vite qu’il ne sera pas question de simple hommage, mais d’une réflexion plus sensible sur notre époque.

    Pierre-François Valette évoque une mélancolie actuelle, celle d’un monde où l’image semble parfois prendre le dessus sur la création. Cette idée traverse le défilé sans jamais être appuyée. Elle se devine dans l’attitude des mannequins, dans la manière dont les vêtements occupent l’espace, dans cette énergie à la fois fragile et déterminée.

    La musique amplifie cette sensation. Des percussions rock, presque indomptées, résonnent sous les voûtes. Puis un violon s’invite, apportant une vibration plus émotionnelle, presque dramatique. Les silhouettes avancent au rythme de cette bande-son intense. On ne regarde pas seulement les vêtements : on les ressent.

    Un romantisme qui ne s’excuse pas

    Les premières silhouettes installent immédiatement l’allure. Un trench en denim à chevrons porté avec un jean skinny dessine une ligne nette, élancée. Puis une robe courte crème, structurée par un col de chemise et des froufrous qui soulignent la taille et la poitrine, impose une féminité affirmée. Rien de fragile ici. Le romantisme version Valette Studio a du caractère.

    Le cuir noir apporte une tension supplémentaire, surtout lorsqu’il est associé aux chaussures issues de la collaboration avec Christian Louboutin. L’ensemble dégage une aura plus nocturne, presque rock. Les mannequins avancent avec assurance, sans surjeu. Il y a de la théâtralité, oui, mais maîtrisée.

    Une robe entièrement couverte de froufrous attire particulièrement l’attention. Elle semble presque lourde au premier regard. Pourtant, à chaque pas, elle rebondit légèrement. La matière, visuellement proche d’un ballon de baudruche, capte la lumière et crée un mouvement inattendu. Ce détail change tout : le romantisme n’est pas figé, il vit, il respire.

    Bowie en filigrane, l’émotion en héritage

    Certaines pièces frappent plus directement. Deux jupes blanches laissent apparaître un visage maquillé, décliné en aquarelle bleue ou orange. Réalisés par les Teintures de France, ces portraits évoquent les maquillages iconiques de David Bowie, figure centrale des Nouveaux Romantiques. La référence est évidente, mais jamais appuyée. Elle flotte, comme un souvenir.

    Sur certains mannequins, un éclat argenté est posé au coin des yeux. Un détail simple, mais chargé d’histoire. Là encore, il ne s’agit pas de reproduire une époque. Pierre-François Valette en retient l’audace, le goût pour la mise en scène de soi, cette liberté d’être multiple.

    Lorsque le créateur traverse la salle pour saluer, les applaudissements sont sincères, nourris. Dans cet espace aux colonnes massives, l’émotion reste suspendue quelques secondes. Avec Les Nouveaux Romantiques, Valette Studio ne se contente pas de regarder en arrière. Il pose une question plus large : comment continuer à créer avec intensité, dans un monde saturé d’images ? Et c’est peut-être là que réside la véritable modernité de cette collection.

  • En ouvrant la Fashion Week homme de Paris pour l’automne-hiver 2026-2027, Jeanne Friot n’a pas simplement coché une case dans un calendrier officiel. Elle a pris la parole. Au Théâtre du Rond-Point, sa collection AWAKE s’est déployée comme une expérience sensible, presque physique, où la mode se mêle à la danse et à l’engagement. Un moment dense, vibrant, qui a donné le ton dès les premières minutes.

    Il faut dire que la créatrice avance avec assurance depuis sa Jeanne d’Arc 2.0 aperçue lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024. Cette image a marqué les esprits. Depuis, son public s’est élargi, fidélisé, soudé autour d’un vestiaire et de valeurs claires. L’inviter à inaugurer la semaine masculine parisienne n’a rien d’anodin : c’est la reconnaissance d’une voix devenue incontournable.

    Au Théâtre du Rond-Point, tout commence dans le noir. Les fauteuils rouges disparaissent presque sous la pénombre. Puis des projecteurs puissants s’allument — et ce ne sont pas les silhouettes qui sont d’abord éclairées, mais le public. La musique, chargée de basses, traverse la salle. On ne regarde pas seulement un défilé, on le ressent. On est pris dedans.

    Très vite, la scène s’anime. Vingt-trois danseur·euses du Ballet de Lorraine rejoignent les mannequins sur une chorégraphie signée Maud Le Pladec. Les corps s’entrelacent, s’opposent, se soutiennent. Les passages ne sont pas linéaires : ils respirent, accélèrent, s’intensifient. Jeanne Friot ne se contente pas de montrer des vêtements, elle questionne la manière même de les présenter. Le podium devient plateau, le défilé devient performance.

    Un vestiaire assumé, sans détour

    Côté silhouettes, pas de virage radical. Et c’est précisément ce qui fait la force du propos. Jeanne Friot creuse son sillon. Le tartan revient en puissance, les corsets structurent les tailles, les jupes et les robes dialoguent avec de larges bottes composées à partir de ceintures en cuir. Un jean brodé de plumes violettes capte la lumière. On reconnaît immédiatement son écriture.

    Les sangles et boucles métalliques, devenues signatures, découpent les lignes et affirment les volumes. Un tailleur en tweed noir à veste courte impose une allure nette. Une robe cocktail en tartan constellé de sequins argentés, rouges et violets joue avec la brillance. Plus loin, un long manteau en simili-cuir noir porté sur un body et des cuissardes métallisées dessine une silhouette conquérante. Un tailleur pied-de-poule aux épaules larges, associé à un micro-short, détourne les codes du pouvoir avec aplomb.

    La créatrice poursuit également son travail à partir de matières issues de stocks dormants. Rien n’est décoratif chez elle. Chaque pièce s’inscrit dans une continuité, dans une cohérence. Elle ne cherche pas à surprendre à tout prix : elle affirme, elle consolide. Son vestiaire parle déjà fort.

    AWAKE : aimer, lutter, ne pas détourner le regard

    Le titre AWAKE résonne comme un appel. Se réveiller. Ne plus rester passif. Sur scène, des tee-shirts affichent des messages clairs : « Revolution » ou « It’s Never Too Late to Fight Fascism ». Les projecteurs, braqués vers la salle, rappellent que ces mots ne sont pas abstraits. Ils visent celles et ceux qui regardent.

    Dans un contexte politique international tendu, Jeanne Friot assume un positionnement frontal. Ses modèles et ses danseur·euses ne sont pas seulement là pour incarner une esthétique : ils portent des revendications, notamment en faveur des communautés LGBTQIAP+. L’engagement n’est pas un décor, il structure le défilé.

    Parmi les moments les plus marquants, deux femmes en tailleurs amples — l’un noir, l’autre blanc — avancent l’une vers l’autre. Elles se fixent, se rapprochent, puis s’embrassent longuement. Autour d’elles, la chorégraphie continue de monter en intensité. En final, deux mariées se tiennent face à face et scellent leur union sous les regards. La salle se lève. L’émotion est réelle, presque palpable.

    En inaugurant la PFW Men de janvier 2026, Jeanne Friot a fait plus qu’ouvrir une semaine de défilés. Elle a posé une intention. Celle d’une mode qui ne se cache pas, qui embrasse, qui revendique. Une mode qui choisit, simplement, de rester éveillée.

  • Appelez-moi Walt : une plongée intime dans l’esprit de Walt Disney à l’Apollo Théâtre
    Appelez-moi Walt

    Et si Walt Disney n’était pas seulement le créateur d’un empire du rêve, mais avant tout un homme traversé par le doute, les contradictions et les ambitions ? Appelez-moi Walt propose une immersion sensible et accessible dans l’intimité du génie derrière les mythes, à découvrir à l’Apollo Théâtre à Paris.

    Avez-vous déjà voulu connaître la véritable histoire de Walt Disney, l’inventeur des parcs à thèmes, mais aussi le créateur des œuvres qui ont bercé l’enfance de générations entières ? C’est désormais possible.

    Depuis le 15 octobre 2025 et jusqu’au 16 mai 2026 (pour le moment), Appelez-moi Walt se joue plusieurs soirs par semaine à l’Apollo Théâtre à Paris. Pendant 90 minutes, le spectateur est invité à plonger dans l’univers si singulier de Walt Disney. Une immersion qui va bien au-delà des clichés pour révéler l’homme derrière le génie.

    La pièce explore son intimité, sa vie de famille, ses relations avec sa femme Lillian, son frère Roy, mais aussi ses enfants. On y découvre un homme confronté aux attentes de l’Amérique, aux polémiques, aux échecs comme aux triomphes. Le spectacle permet également de comprendre comment sont nés certains personnages mythiques, de Blanche-Neige à Mickey, et comment l’imaginaire de Walt prenait forme, parfois au prix de lourds sacrifices.

    Une mise en scène incarnée et habitée

    La mise en scène est signée Julien Baptist, qui incarne également Walt Disney sur scène. Un choix qui fait sens tant le comédien connaît intimement l’univers Disney. Ancien directeur artistique des événements et produits commerciaux de Disneyland Paris, on lui doit notamment de nombreux Halloween du parc. Il est également à l’origine de spectacles tels que Les Triplettes de Belleville : Go Ouest (2014), De Dieux et de Monstres (2016) ou encore Kinky Boots (2018).

    À ses côtés, Emmanuelle Boidron interprète Lillian Disney avec beaucoup de finesse. Sébastien Chartier campe Ub Iwerks, le dessinateur et collaborateur historique de Walt, tandis que Cassiopée Wayance incarne Diane, la fille de Walt, apportant une touche de douceur et de sincérité. Bruno Hausler, quant à lui, prête ses traits à Roy Disney, pilier discret mais essentiel de cette aventure familiale.

    Un décor minimaliste au service de l’émotion

    Entre humour et transmission, Appelez-moi Walt s’adresse à toute la famille. Le décor, volontairement minimaliste, le bureau de Walt Disney, devient un véritable espace mental. Quelques éléments suffisent à faire naître les souvenirs, les tensions et les rêves. La scénographie laisse toute la place au jeu des comédiens, à la parole et à l’émotion.

    La justesse des interprétations est frappante. Il se crée une véritable connexion entre les personnages, mais aussi avec le public. Chaque acteur porte son rôle avec sincérité et précision, donnant chair à ces figures historiques sans jamais tomber dans l’imitation caricaturale.

    À la sortie, une seule envie subsiste : se replonger dans un film Disney pour prolonger cette parenthèse magique, avec un regard nouveau, plus adulte, mais tout aussi émerveillé.

    Infos pratiques

    Appelez-moi Walt est à découvrir à l’Apollo Théâtre (18 rue du Faubourg-du-Temple, 75011 Paris) du 15 octobre 2025 au 16 mai 2026. Les représentations ont lieu plusieurs soirs par semaine, généralement en soirée, avec parfois des séances en après-midi selon les dates.
    Les tarifs varient en fonction des places et des périodes, avec des billets proposés à partir d’environ 18 €. Le spectacle est accessible dès 12 ans, ce qui en fait une sortie idéale à partager en famille. La réservation est vivement conseillée compte tenu du succès de la pièce.

  • Casse-Noisette au Palais des Congrès : la magie intacte d’un ballet intemporel
    Casse Noisette - Ballet et orchestre

    Chef-d’œuvre incontournable du répertoire classique, Casse-Noisette revient sur scène dans une version ballet et orchestre qui célèbre toute la féerie de Noël. Présenté au Palais des Congrès dans le cadre d’une tournée 2025-2026, ce spectacle enchanteur confirme pourquoi cette œuvre traverse les générations sans jamais perdre de sa magie.

    Impossible d’évoquer la période des fêtes sans penser à Casse-Noisette. Cette production originale signée Franceconcert réunit un ballet classique et un orchestre live pour offrir une expérience complète, fidèle à l’esprit du grand répertoire. Présenté au Palais des Congrès, le spectacle s’inscrit dans une tournée durant la saison 2025-2026 et s’impose comme l’un des rendez-vous culturels majeurs de fin d’année.

    Avec une durée de 2h10, entracte compris, le spectacle prend le temps d’installer son univers, de laisser respirer la musique de Tchaïkovski et de sublimer chaque tableau chorégraphique. L’orchestre, véritable colonne vertébrale de la représentation, accompagne les danseurs avec précision et intensité, renforçant l’immersion dès les premières notes.

    Casse-Noisette, un conte initiatique et féerique

    Inspiré du récit d’E.T.A. Hoffmann et mis en ballet par Marius Petipa, Casse-Noisette raconte l’histoire de Clara, une jeune fille qui reçoit en cadeau un casse-noisette en forme de petit bonhomme. Au cœur de la nuit, le jouet s’anime et affronte une armée de souris malveillantes venues envahir la maison.

    D’abord effrayée, Clara trouve le courage de se battre aux côtés de son jouet, dont la bravoure le transforme en prince charmant. Ensemble, ils sont alors transportés dans un royaume féerique, peuplé de danses, de couleurs et de personnages merveilleux. Créé pour la première fois en décembre 1892 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, ce ballet est aujourd’hui l’un des plus joués au monde, porté par une musique envoûtante et une narration universelle.

    Une expérience magique qui fonctionne à tous les âges

    Difficile de ne pas succomber à la magie de cette représentation. J’ai tout simplement adoré. Dès les premières minutes, le spectacle capte l’attention et ne la relâche jamais. Les chorégraphies sont élégantes, lisibles et généreuses, portées par une grande rigueur technique et une véritable grâce collective.

    L’alchimie entre la musique jouée en direct et la danse crée une émotion constante. Chaque tableau semble pensé pour émerveiller, sans jamais tomber dans l’excès. On retrouve cette sensation rare d’être à la fois spectateur et enfant, transporté dans un imaginaire réconfortant. Casse-Noisette réussit ce tour de force : émerveiller les plus jeunes tout en fascisant les adultes, rappelant pourquoi ce ballet reste, plus d’un siècle après sa création, un incontournable absolu.

    Infos pratiques

    Casse-Noisette – Ballet et Orchestre Classique est présenté au Palais des Congrès dans le cadre d’une tournée durant la saison 2025-2026. Le spectacle dure 2h10 avec entracte. Les billets sont disponibles à partir de 39 €. Un rendez-vous idéal pour célébrer la période de Noël et (re)découvrir un chef-d’œuvre du ballet classique.

  • Adapter La Haine, film culte de Mathieu Kassovitz, en comédie musicale relevait du défi. La Haine – Jusqu’ici rien n’a changé le relève avec force, intelligence et audace. Porté par une bande originale percutante et une mise en scène spectaculaire, le spectacle s’impose comme une œuvre puissante, nécessaire et profondément contemporaine.

    Inspirée du long-métrage emblématique sorti en 1995, La Haine – Jusqu’ici rien n’a changé transpose sur scène l’histoire de Vinz, Saïd et Hubert, trois amis issus d’une cité de banlieue, confrontés à la violence sociale, policière et systémique. Loin d’une simple adaptation nostalgique, la comédie musicale choisit de réactualiser le propos, en le confrontant frontalement à notre époque.

    Le spectacle mêle théâtre, danse urbaine, rap et chant, dans une mise en scène contemporaine qui fait écho aux tensions toujours présentes dans la société française. Comme l’ont souligné plusieurs médias culturels, l’œuvre ne cherche pas à lisser le message : elle le rend au contraire plus frontal, plus incarné, plus urgent.

    Une histoire qui résonne toujours autant

    L’intrigue reste fidèle à l’esprit du film : après une bavure policière, une arme circule et fait monter la tension d’heure en heure. Mais sur scène, le récit gagne en ampleur émotionnelle. Les personnages prennent une dimension presque tragique, pris dans un engrenage qui les dépasse.

    Le spectacle rappelle avec force que, près de trente ans plus tard, « jusqu’ici rien n’a changé ». Les thématiques abordées — violences policières, déterminisme social, colère, sentiment d’abandon — trouvent une résonance troublante avec l’actualité. La comédie musicale devient alors un miroir tendu au public, à la fois dérangeant et salutaire.

    Une bande originale engagée et remarquable

    L’un des grands points forts du spectacle réside dans sa bande originale, véritable colonne vertébrale émotionnelle du projet. Les titres, interprétés ou écrits par Médine, Youssoupha, Jyeuhair, Doria, Benjamin Epps et Clara Luciani, apportent une richesse musicale rare.

    Chaque artiste conserve son identité tout en s’inscrivant dans une narration collective cohérente. Le rap côtoie des morceaux plus mélodiques, parfois presque intimistes, créant des respirations bienvenues au cœur de la tension dramatique. La musique ne sert pas seulement de décor sonore : elle raconte, elle dénonce, elle bouleverse.

    Une claque scénique, visuelle et humaine

    Ma critique est sans appel : j’ai adoré. La Haine – Jusqu’ici rien n’a changé est un spectacle puissant et nécessaire. Les décors sont somptueux, immersifs, pensés comme une cité vivante, mouvante, presque organique. Les jeux de lumière renforcent la dramaturgie et installent une atmosphère brute, parfois oppressante, toujours maîtrisée.

    Les comédiens et danseurs sont exceptionnels. Leur engagement physique et émotionnel est total. Chaque mouvement, chaque regard, chaque silence compte. La danse, omniprésente, traduit la rage, la frustration, mais aussi l’espoir. On ressort bouleversé, secoué, mais convaincu d’avoir assisté à un spectacle essentiel.

    Un spectacle à voir… et à revoir

    Bonne nouvelle : La Haine – Jusqu’ici rien n’a changé est également disponible sur Canal+ en streaming, permettant de revoir le spectacle à volonté. Une opportunité précieuse pour replonger dans cette œuvre dense, en saisir toutes les nuances et prolonger la réflexion bien au-delà de la salle.

  • Chicago, le musical à Paris : Plongez dans le jazz et les années folles jusqu’en avril 2026

    Jusqu’au 26 avril 2026, Chicago, le musical pose ses valises sur les planches du Casino de Paris. Du mardi au dimanche, les chanteurs et danseurs permettent aux spectateurs de replonger dans le Chicago des années 20.

    « Mesdames, messieurs, bienvenus, vous allez assister à une histoire de meurtre, de cupidité, de corruption, de violence, de manipulation, d’adultère et de trahison, toutes ces choses qui sont si chères à notre cœur… ». Le ton est donné pour le reste de la soirée. Entre humour et provocation, l’intrigue de Chicago nous renvoie dans les années 1920 de la ville américaine. On retrouve Velma Kelly et Roxie Hart, deux jeunes femmes qui ont fait des choix plutôt originaux. En effet, Roxie Hart se retrouve dans la même prison que Velma après avoir assassiné son amant. Dès lors, une compétition s’engage entre les deux femmes pour savoir laquelle sera la plus célèbre. Grâce à leur avocat Billy Flynn, elles réussissent à gagner l’opinion publique et sortir de prison.

    Velma et Roxie : rivalité et scandale au cœur de l’intrigue

    Jouée depuis 1973 sur Broadway, la comédie musicale est une adaptation de la pièce de théâtre de Maurine Dallas Watkins créée en 1926, inspirée d’un fait divers qui s’est produit en 1924 à Chicago. Le succès de la pièce est tel qu’aujourd’hui encore elle se place en deuxième position sur la liste des pièces de théâtre les plus jouées en continu sur Broadway juste après Le Fantôme de l’Opéra. En 2002, Rob Marshall réalise une adaptation cinématographique de la comédie musicale avec en tête d’affiche Catherine Zeta-Jones et Renée Zellweger. Un succès qui a permis au film d’être récompensé aux Oscars en 2003.

    Et c’est peut-être pour cette raison que Stage Entertainment a décidé de renouveler la production de la comédie musicale en France. Après un franc succès en 2019 au théâtre Mogador, Chicago revient au Casino de Paris pour une nouvelle résidence. Cette fois, Shy’m incarne Velma Kelly, Vanessa Cailhol est Roxie Hart, Jacques Preiss en Billy Flynn, et Waku Malanda en Mama Morton. Un casting ambitieux et scandaleusement doué. Que ce soit l’orchestre ou l’ensemble, tous sont en rythme, en parfaite harmonie et ne déçoivent pas.

    Un spectacle rythmé, élégant et à couper le souffle

    Entre high notes, chorégraphies millimétrées et musique entraînante, Chicago, le musical vous promet une soirée extraordinaire qui vous plonge dans cet univers propre à Broadway finalement. Entre humour et élégance, le spectacle est parfaitement équilibré. Certains pourraient souligner le manque de décor, mais rappelons que la mise en scène à Broadway est la même et sa neutralité permet une mise en avant complète de l’orchestre qui est face au public durant tout le spectacle, mais également des chorégraphies qui sont à couper le souffle.

    Chicago, le musical est en résidence au Casino de Paris jusqu’au 26 avril 2026 du mardi au dimanche et les réservations se font juste ici.

  • Isaac Anderson charme Paris : un live intime et vibrant au Supersonic

    Pour la deuxième fois de sa carrière, Isaac Anderson était en concert à Paris. Dans le cadre de son Cold Feet & Fragile Soul Tour, le chanteur a donné rendez-vous à ses fans au Supersonic Records ce dimanche 7 février.

    Alors que Noël s’installe dans la capitale, Isaac Anderson a décidé d’offrir un vrai cadeau à ses fans français : un concert intimiste. De passage à Paris à l’occasion de son Cold Feet & Fragile Soul Tour, le chanteur a entonné pendant plus d’une heure les titres phares de sa discographie.

    Un set puissant, une énergie constante

    Dès le début de la soirée, il a donné le ton avec “No More Days Alone”, sorti en 2024. Il a ensuite enchaîné avec les chansons favorites du public. Que ce soit “Get Me Out Alive!”, “St Pancras” ou encore “Hanging Up”, son énergie n’a pas failli un seul instant et la salle a été conquise. Évidemment, il a conclu son set avec “This Could Be Paradise”, son titre emblématique qui l’a révélé en 2024.

    L’ancien guitariste de Louis Tomlinson n’a donc pas à rougir de son parcours. Après avoir longtemps accompagné l’ex-membre de One Direction, Isaac Anderson a trouvé son empreinte artistique, mais aussi un public fidèle et engagé.

    Un avenir encore flou mais prometteur

    Cette seconde tournée européenne s’est terminée par une ultime date à Anvers ce 8 décembre. En revanche, Isaac Anderson laisse planer le doute quant à la suite. Alors qu’il n’a sorti que des EP depuis le début de sa carrière solo, il semblerait qu’il souhaite aller plus loin — peut-être un premier album ? Nul doute qu’on le reverra bientôt dans une salle parisienne pour faire vibrer son public. Serez-vous au rendez-vous ?

  • Cian Ducrot à l’Olympia : émotion et énergie pour une soirée inoubliable

    Le 18 septembre 2025, l’Olympia de Paris a accueilli Cian Ducrot pour une date qui restera gravée dans les mémoires. Dans cette salle mythique, l’artiste irlandais a partagé son univers avec une intensité rare, entre morceaux puissants et ballades intimistes. Entre émotion pure, énergie débordante et virtuosité, chaque instant semblait pensé pour transporter le public au cœur de son monde musical.

    Dès les premières notes, Cian Ducrot a captivé la salle. Son piano strassé, véritable pièce maîtresse du décor, a ajouté une touche de glamour à ses performances. Accompagné de quelques musiciens tout aussi talentueux, il a enchaîné sa discographie avec fluidité, mêlant titres récents comme Heaven et All For You à ses morceaux emblématiques tels que Love is Just a Word. La scénographie, sobre mais immersive, sublimait chaque transition et chaque note, renforçant l’énergie et le charisme de l’artiste.

    Une émotion à fleur de peau

    Cian Ducrot n’a pas hésité à montrer sa vulnérabilité. Lorsqu’il a évoqué le rêve réalisé de jouer à l’Olympia, il a été submergé par l’émotion et a versé quelques larmes, un moment qui a profondément touché le public. Il a également interprété Part of Me… en français, une version qui a encore plus rapproché les spectateurs de son univers. Chaque morceau, chaque geste, chaque regard témoignait de son envie de partager sa musique de la manière la plus authentique possible.

    Un showman au sommet de son art

    Tout au long de la soirée, Cian Ducrot a prouvé qu’il était un véritable showman. Son énergie sur scène était communicative, et son univers singulier parfaitement retranscrit grâce à son piano, ses musiciens et sa mise en scène impeccable. Entre moments de douceur et passages plus explosifs, il a offert une performance complète, où émotion, puissance et spectacle se mêlaient pour créer une expérience unique. L’Olympia a vibré de la première à la dernière note, et le public en sortait électrisé.